Nouveau jeu poétique sur Oiseau Lyre !

Publié le par Déborah


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A vos plumes !

Je lance le nouveau  jeu poétique de la semaine. Cette fois -ci il s'agira d'écrire, à partir de l'oeuvre d'art ci-dessous "La métamorphose de Roberta" de Vival33, artiste talentueuse de Myart :

  • Soit un poème en vers ou en prose
  • Soit un conte devant impérativement commencer par "il était une fois"

Je vous invite chaleureusement  à aller découvrir les  merveilleuses créations artistiques de  Vival en cliquant sur les logos ci-dessous :


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Comme d'habitude ce jeu poétique est sans limite date. Prévenez-moi dés que vos participations sont en ligne sur vos blogs et je viendrai les chercher. Amusez vous bien les ami(e)s !


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La métamorphose de Roberta

de Vival33

Dessin craies sèches.

Support papier A3 (90g).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES PARTICIPANTS :

 

Ma participation (Oiseau lyre)


Coockers (le blog de Coockers) lien

Tétrao (le blog de Tétrao) lien

 

Enriqueta (les mots offerts) lien

 

Luminelle (le blog de Luminelle) lien

 
Vival33 (poétesse de mytexte et artiste de myart) lien

Marie (Marie-Prose) lien

 

Bataillou (le blog de Reinette) lien

 

Fuxy le renard (le terrier des renards) lien

 

Claudie Becques (Litterances) lien

 

Asicq (le blog d'Asicq)  lien



 

Ma participation

 

 

La métamorphose de Roberta

 

 

Un jour une Dame crapaud répondant au doux nom

De Roberta Trobut, las de ses pieds palmès

Se surprit à rêver d’un prince beau garçon

Qui d’un baiser romprait le sort sur elle jeté

 

Car voyez vous il fut un temps où Roberta

Telle une blanche colombe à l’allure gracile

Autour d’elle de lumière inondait à chaque pas

Tant sa beauté de femme rendait les hommes fébriles

 

 

C’est peut-être si je puis me permettre l’expression

Ici que le bas blesse pour notre demoiselle

Car une sorcière cruelle surnommée Le laideron

Rageait en ce royaume de n’être la plus belle

 

Un jour que Roberta se promenait gaiement

Dans les bois sirotant des cerises  à l’eau de vie

La sorcière la surprit et lui dit violemment

Qu’à boire comme un trou elle n’était point jolie

 

Or, notre demoiselle bien loin de se fâcher

De cette attaque ouverte de la vieille sorcière

Une fois qu’elle fut assise pour ne plus tituber

Répondit à son hôte de sa voix la plus claire :

 

« La bave du crapaud chère Dame que vous êtes

N’atteint la blanche colombe que je suis voyez vous

Et vos dires nauséeux en  votre esprit jaloux

Ne trouvent aucun écho à dire vrai en mon être »

 

La sorcière fulminait  de rage et de colère

Et sortit de sa cape une fiole toute rose

Aspergeant du liquide qui fit virer au vert

Ladite Dame Roberta en une métamorphose

 

Depuis ce jour funeste elle croassait salie

Et se saoulait putride  de cette eau poissonneuse

Seul moyen d’oublier un peu la félonie

De la vieille sorcière qui la fit malheureuse

 

 

Quand soudain un matin s’approcha de la mare

Un prince narcissique qui voulut s’observer

Dans l’eau bien trop noirâtre pour refléter blafard

Son visage disgracieux de vérole  tuméfié

 

Imprudent qu’il était il s’approcha si prés

De la bouillasse puante aux effluves putrides

Qu’il finit par tomber dans la mare glacée

Et de vains mouvements se débattit livide

 

Alors que vaincu il se laissait mourir

Roberta de ses pattes certes un peu maladroites

S’empara d’un morceau de bois et sans faillir

Surnagea jusqu’au prince agitant les eaux plates

 

 

L’homme s’en saisit alors et échappa de peu

A une mort certaine qui d’une faucille experte

Attendait de pied ferme qu’un prince malheureux

Mange  les pissenlits par la racine, inerte

 

Le prince très ému d’une telle compassion

Qu’un crapaud lui avait en ce jour accordé

Lui demanda comment remercier en son nom

Un acte de bravoure d’une telle volupté

 

Roberta réfléchit l’espace d’un instant

Et pria ledit prince de vouloir déposer

Sur ses lèvres rugueuses à l’aspect répugnant

Un doux et passionné baiser de chevalier

 

Bien que pris de dégoût le prince s’exécuta

Craignant probablement un retour de bâton

S’il n’exauçait le vœu de celle qui du trépas

Le sauva de cette mare grouillante d’hannetons

 

 

Et tandis  que l’étreinte allait rompre le sort

Pardonnez moi lecteurs si j’omets des détails

Roberta de frissons sentit frémir son corps

Qui redevint celui de la belle qu’on assaille

 

Le prince n’en revint pas et voulut l’épouser

Mais Roberta Trobut dans un rire un peu fou

Lui dit qu’ils étaient quitte et l’envoya valser

Préférant une bière à ce prince un peu fou

 

  Déborah Bernardeau

 


La participation d'Asicq


 

  Une grenouille vivant dans ma marre, un jour se mit à me parler.
J'étais assis au bord de l'eau à me prélasser, à me détendre,
Quand soudain ce batracien se mit à parler à qui voulait l'entendre,
Et soyons franc, plus précisément à celui qui voulait bien l'écouter.

La belle en cuisses voulait en conter,
Et son histoire voulait bien la partager
Alors dans le voisinage et seul à parler,
Seul à parler l'humain et en français,
Je me sentis bien obligé de l'écouter,
A l'écouter me conter sa vie chamboulée.

J'apprenais que cette belle en cuisses,
n'était pas une mais un beau en cuisses.
C'était bien là son tout premier malheur,
car seul un prince pouvait faire son bonheur...

et vous le savez bien amis lecteurs
que tout gens princiers ensorcelés
par un et un seul baisé du sexe opposé
peut reprendre son apparence primeure.

Avant de lui faire le poutou délivreur
je souhaitai comprendre son malheur
et le pourquoi de cette transformation
en une grenouille impropre à la cuisson

il me raconte qu'en tant que chanteur
il vivait de sa superbe voix de soprano
Au court d'une prestation le chant déraillât
le musicien l'accompagnant ne suffit pas
ne suffit pas à sauver le spectacle du fiasco
la représentation finit alors de bonne heure.

un mage présent dans le public
lui voua tous les maux du monde
ce magicien au comportement critique
était en fait le maitre de ces lieux ludiques

ne supportant pas d'être la risée
il lui jeta un sort des plus sévères
et l'on n'en ferait plus d'histoire
de le voir chanter comme un canard

alors d'un coup de baguette déterminé
suivi d'une incantation bien tournée
le voici transformé en une grenouille
sans avoir le temps de dire ouille

jolie grenouille certes, mais un peu entêtante
et si son histoire est des plus pationnantes
sa présence n'en reste pas moins de trop
j'avais projeté de profiter d'un moment solo

j'attrapais le beau batracien
l'emportais chez mon voisin
boucher de son état il en ferait du pâté
mais d'un coup je perdis l'appétit car je me réveillai.

en voilà bien de la tourmente, pour ce moment de détente
je me surprend à réver, qu'un paté de grenouille je pourrai déguster.
ce joli coin bucolique auprès de ma marre, n'est pas des plus pénard
la prochaine fois qu' une envie me prendra, j'irai dormir dans le sofa.

 

Asicq

 

 

 

La participation de Fuxy le renard

 

La métamorphose de Roberta (tanka) 

 

D’un prince charmant

La princesse Roberta

Attend un baiser

Pour annuler le charme

Métamorphose en crapaud

 

Fuxy le renard

 

 

 

  La participation de Bataillou 

 

 
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La métamorphose du Crapoussin

 


Il était une fois,

Un vilain crapoussin

Qui en permanence crachait du venin.

Pour une jolie fille, il avait le béguin.

Il lui offrit un joli brodequin.

Ayant deviné son dessein,

Elle lui dit préférer un clavecin

Pour y jouer ses refrains.

Il fit faire l’engin

Et revint un matin

Avec en plus un bouquet de jasmins.

Au premier son argentin

Il fut transformé en corbin.

Le crétin se croyait malin.

Il n’avait pas vu le lutin

Collé à son arrière-train,

Sur ordre de l’enchanteur merlin

Qui n’allait pas laisser à ce malandrin,

De surcroit philistin,

Une aussi jolie fille encore dans son écrin.

La jolie fille adopta le corbin.

Il la suit par tous les chemins.

Quand la lune est à son déclin,

Perché sur le fortin,

il crache encore  son venin.

 

Bataillou




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  La participation de Marie

 

 

 

Il était une fois une grenouille qui habitait sur la rive d 'un canal paisible,
infestée par ses congénères qui tous les soirs pour cette dame crapaud chantaient  la sérénade.
Cette grenouille qui avait pour prénom Roberta se sentait pousser des ailes quand les crapauds autour d'elle coassaient en coeur.
Elle rêvait , elle imaginait être reine d'un royaume ,dont les sujets la vénèreraient comme une déesse.
Mais hélas ,reine seule et triste! Personne à ses côtés , personne pour lui dire des mots tendres, personne qui vanterait ses grands yeux <crapaud mort d'amour>,ses grands doigts palmés, sa langue longue et gluante, sa voix mélodieuse .
Pauvre petite rainette au coeur gros mais vide . Elle aimerait tant rencontrer son prince charmant,bel apollon à la voix soprano qui serait le chef de cet orchestre.

Complètement absorbé dans ses songes et son désespoir, elle n' entend pas le ton suave d'un musicien appartenant au fan club du soir.
Chaque crépuscule rappelait le crépuscule de la veille. Roberta restait sourde au chant de son admirateur.
Un soir, fatigué de chanter en vain ,il eut une idée de génie qui le fit hurler de joie.
Le lendemain il se joint à ses frères de chant coiffé d 'une couronne .
Les crapauds surpris le regardaient ,quelque peu jaloux .Ils avaient compris que Roberta ne manquerait pas de le remarquer cette fois, et ce qui devait arriver, arriva.

Grand dieu des crapauds !! est tu le prince charmant ?? Est tu le crapaud de mes rêves?? Est tu celui que mon coeur espère depuis ces années interminables ??
Roberta avait le coeur qui battait la chamade, elle était folle de joie.
:<Il est couronné ,cela ne peut être que mon prince se dit elle.>
< Accepte tu de règner à mes cotés dans mon monde? d'être celui qui enchante mon âme? Veux tu vanter mes mérites et ma beauté?

Alors le crapaud ,sourire aux lèvres, couronne élégamment portée,fier comme 'Artaban" se campe devant Roberta et la toise d'un oeil noir. Sans répondre, devant l'orchestre impatient,il enlève le diadème, se racle la gorge, gonfle ses poumons et prend sa voix la plus suave, son chant résonne dans le silence des ténèbres.
:< Rêve jolie Roberta, rêve à ton prince mais n'oublie pas que la vie est autre et que les princes n'existent pas. Rêve belle Roberta car je suis un prince sans royaume mais débordant d'amour pour toi.>
Les sanglots dans la voix le faux prince disparut à jamais dans la nuit.

On apprit quelque temps plus tard qu'une jolie grenouille avait succombé au charme du crapaud sans couronne. Il l'épousa et chaque soir pour sa belle il entonnait une suave sérénade.
Quand à Roberta , sur la rive de son canal , toujours seule elle rêve à son prince charmant.
Pauvre petite Rainette.

  Marie

La participation de Luminelle
(enfin un petit délire que personnellement je trouve génial)

Damoiselle Roberta vient de mettre ses Tétards
Au plumard...
Elle va maintenant se jeter dans la mare
Pour brasser parmi les nénuphars,
C'est sûr elle ne va pas veiller tard.
Bon, c'est décidé j'me barre,
Allez, il est tard,
J'me casse dare-dare...

Luminelle

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La participation de Luminelle
 (la vraie participation !!!)


Il était une fois, une ravissante Princesse
A la longue chevelure cuivrée et épaisse.
Jeune grenouille aux multiples richesses,
Elle était gage de belles promesses.

Unique fille de sa lignée,
Elle était courtisée par de vaillants ranidés
Qui, d'eau, se querellaient à coups de jets
Pour conquérir son coeur esseulé.

Son père, le Roi, ordonna qu'un soir
Une fête soit donnée sur le nénuphar
Le plus majestueux de la mare
Pour y célèbrer ses épousailles, en grande fanfare.

Libellules, Abeilles, Papillon, Coccinelles, en invités
De prestige, faisaient ripaille tandis que Sir Criquet
Animait de son chant un ballet d'Orvets.
Acrobate, Miss Sauterelle, son public époustoufflait.

Tandis que la fête battait son plein,
Princesse Roberta camoufflait son chagrin...
On lui avait désigné le plus vilain
Des crapauds... Ses doux rêves s'étaient éteints.

Luminelle - 19/06/2009




    La participation de Tétrao


 

  Ballade pour ma princesse des marais 
 


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La participation de Coockers



     Il était une fois dans un village
     Un étang à l'ombre des ramages
     Une princesse toute en pleurs
     Effeuillant mélancolique une fleur

     Au dernier pétale tombé dans l'eau
     Un leger scintillement d'étoiles de feu
     Pris naissance à la surface vaguelée
     D'un bond une grenouille à ses côtés

     Que de larmes sur un aussi joli minois
     Lança la grenouille non sans émoi
     Princesse de toujours raconte moi tout
     Apprends qu'il y a solution à tout  


     Princesse sans prince charmant je suis
     Pourquoi un beau destin ainsi me fuit
     Comment faire pour tout changer
     Je n'ai plus le courage de continuer

     Écoute princesse lui dit la grenouille
     Tu ne fileras pas toujours ta quenouille  
     Un prince viendra pour t'enlever
     En reine ton destin sera changer

     J'étais comme toi il y a longtemps
     A la recherche d'un prince charmant
     D'un simple baiser en reinette je fus changer
     D'un simple sourire en reine tu seras changer.

Coockers

 


La participation de Claudie Becques

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Roberta de Vival33


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Marie Grouette 



Il était une fois Le Roi et La reine du Romelaëre, qui vivaient dans le Nord de la France dans un château entouré de marais.

De leur union naquit Roberta, une très jolie princesse, mais au caractère très antipathique.

Elle se moquait de tous les prétendants qui se pressaient autour d’elle et la couvraient de cadeaux. Celui-ci avait un nez trop long, cet autre était trop petit, lui trop gros, celui-là avait des oreilles d’éléphant, bref aucun d’entre eux n’était, disait-elle, « digne de sa beauté ».

Un jour qu’elle se gaussait encore d’un malheureux qui, parait-il, possédait « les gros yeux globuleux d’un crapaud », l’éconduit se mit à crier haut et fort que la jeune fille regretterait ses sarcasmes.

Il fut aussitôt arrêté par les gardes royaux, mais lorsqu’ils l’enfermèrent dans une des geôles du château, il se transforma en batracien, qui sauta et se jeta d’entre les barreaux de la meurtrière, dans les douves, sous les yeux médusés des militaires.


Roberta, aimait aller se promener dans les marais pour observer le merveilleux ballet des cygnes blancs sur l’eau. Elle emmenait avec elle pour l’accompagner, sa jeune soubrette prénommée Marie, lui intimant l’ordre de lui porter son grouet, un outil semblable à un crochet qui lui permettait de tirer vers elle pour les cueillir, quelques iris sauvages qu’elle affectionnait particulièrement.

Ces promenades étaient particulièrement désagréables à l’enfant qui, devenait le souffre-douleur de la détestable princesse.

Un jour une tige d’iris résista tellement que cette dernière tomba dans l’eau.

Tout d’abord épouvantée, la petite servante, fut prise d’un violent fou-rire en voyant la jolie chevelure habituellement couleur d’or de sa maîtresse, dégouliner de cette eau trouble et parsemée de lentilles.

La princesse folle de rage hurlait « Marie le grouet ! Tends moi le grouet… » Mais plus la princesse se débattait, plus l’enfant riait, et l’autre peu à peu s’enlisa.

Sur la berge, les yeux globuleux d’un crapaud observaient la scène sans bouger, puis il s’enfonça dans les roseaux lorsque plus aucun bouillon ne remonta plus à la surface.

La fillette prit alors conscience de toute l’étendue du drame et, courut en larmes et en tremblant annoncer la terrible nouvelle à ses souverains qui diligentèrent des secours, en vain.

Le corps de la princesse ne fut jamais retrouvé, et le roi et la reine ne survécurent pas au chagrin.


Les anciens de la petite contrée du Romelaëre racontent pourtant encore aujourd’hui qu’à partir de ce jour-là, tous les enfants qui s’approchaient trop près de l’eau furent mystérieusement happés par le crochet d’une drôle de créature mi-femme, mi-crapaud portant couronne, qui surgissait de la vase des marais en hurlant « Marie le grouet ».

C’est ainsi que naquit la légende de Marie Grouette, qui fait toujours dresser les cheveux sur la tête de tous les petits enfants du Nord Pas de calais.

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Claudie Becques le 22/06/09

La participation d'Enriqueta

 

 

La métamorphose de Roberta?

Mais que venez-vous donc me conter là?
L'histoire d'une jeune fille qui tua
Toute une famille de cancrelats
En leur jouant tous les jours du tuba?
Et qui, par la suite se transforma
En despotique chef d'Etat?
Ni vote, ni assemblée, ni sénat
Et tout un peuple qui, point ne broncha?

Mais que venez-vous donc me conter là?
L'histoire d'une dictatrice qui tua
la démocratie sur un air de rumba
Tout en jouant tous les jours du tuba?
Et qui, par la suite se transforma
En star incontestée de tous les médias?
Ni liberté d'expression, ni débat
Et des discours farfelus qu'on goba?

Mais que venez-vous donc me conter là?
Et qui est donc cette Roberta?
Ce n'est pas en France qu'on verrait cela
Où règne le roi des cancrelats
Et aucun cancrelat ne se transforma
En humain, non, ça n'existe pas!
La métamorphose de Roberta
N'est qu'histoire inventée pour Déborah.

Enriqueta



Il était une fois une jeune femme, qui, au détour d'un chemin , tomba sous le charme d'un étrange crapaud, Roberto (habitant un jardin, où plutôt le régentant). Pendant plusieurs semaines, elle resta, cachée, à l'observer, jusqu'au jour, où... elle prit son courage à deux mains pour lui écrire une lettre...

 

 La participation de Vival33

 



“ Monsieur,

  

Si je me permets de vous écrire, c’est qu’enfin j’ai trouvé le courage de le faire. Monsieur, je suis une de ces admiratrices, qui passe régulièrement devant votre demeure.

Je ne sais par quel hasard miraculeux j’ai été guidée jusqu’à vous, et je commence à croire au destin, à ce chemin déjà tracé, enfin je crois à ma libération future. 

Un jour, je vous ai vu, assis dans l’herbe, j’ai surpris votre regard si bienveillant, votre air méditatif m’a ému, à un point que vous ne pouvez imaginer. Troublée par cet éveil de ma conscience, réveil de ma mémoire endolorie, des sentiments... Et pour ne pas être vue de vous, je me suis cachée derrière le muret, vous êtes si beau à contempler! 

Chaque matin, depuis plusieurs mois, je vous observe ainsi avec un coeur pétri d’amour.

Si j’arrive enfin à rédiger cette lettre aujourd’hui, avec ces mains que je ne maîtrise pas encore bien, c’est que justement je m’inquiète de votre absence: dix jours que je ne vous ai vu.

 

(D’ailleurs, à ce sujet, j’aimerais vous entretenir de Monsieur votre aide de jardin: votre nain de jardin, qui, depuis votre mystérieuse disparition, mène une vie que je qualifierai d’extravagante: voilà dix matins que je le voie s’ébrouer sur votre territoire, lui habituellement stoïque, le voici qui s’anime et décide de ravager votre lieu de promenade. Savez-vous ce qu’il fait? Il creuse des galeries souterraines. Je le soupçonne de vouloir s’évader de son enclos, et de préparer un tunnel qui le mènera à l’allée salvatrice: vous devez intervenir Monsieur! revenez! Ce nain a besoin de votre présence: livré à lui-même il n’est plus lui-même, quant à moi-même...)

 

S’il vous plaît, agissez! Apparaissez! Monsieur, je me languis de vous. J’aimerais tant vous voir dans l’exercice de votre autorité virile, animé par le puissant feu de votre charme ravageur. Ah, comment vous prouver cet amour contenu? 

En vous livrant mon secret? 

Croyez-vous aux mots? 

Aux puissants envoûtements? 

Vous vous fiez plus à votre perception... alors comment communiquer? 

Et si vous me perceviez mal? 

Je vous semble trop humaine?

 

Monsieur, je suis prête à devenir une autre, par amour, à évoluer, à progresser, grandir ou rapetisser, m’abêtir  non, non, ne le prenez pas mal! mon langage est mal choisi, je voulais parler de laisser libre cours à mon instinct animal, “m’animaliser” devrais-je écrire? 

Votre apparente sagesse déclenche en moi un tel amour, si fou!

J’exulte!

 

Oui Roberto, permettez que je vous appelle par ce prénom (j’ai entendu cette autre “elle” vous surnommer ainsi).

J’avoue, je reste longtemps dans l’ombre du muret pour entendre le doux son de votre voix, mais ce n’est pas de l’inquisition, simplement vous déclenchez chez moi une ardeur, un zèle si extrême.

Oh, j’ai déjà essayé de vous oublier, de ne plus vous espionner, mais je n’y arrive pas. Et quand je vous entends parler avec cette “Elle”, je... oui je suis livrée aux affres de la jalousieJe vous ai dans la peau, cher crapaud, et mes cellules ne demandent qu’à se rapprocher de vous.

D’ailleurs c’est normal, logique, irréfutable, il faut que je vous avoue, vous révèle mon terrible secret, je sais que je peux avoir confiance; je me suis réveillée toute verdâtre ce matin, ce qu’on dit, et ce qu’on m’a toujours dit: l’amour fait des miracles, non? 

La métamorphose. 

 

En fait, tenez-vous bien (pas trop, tout de même), il s’agit d’un retour à la normale. On m’a jeté un sort! Me condamnant à une apparence humaine, jusqu’à ce que l’amour...

 

Savez-vous que je me prénomme Roberta?

Amusant, troublant, prémonitoire... tant de simillitudes que j’en deviens similaire. Au réveil, ce matin, je n’avais plus que quatre doigts maigres et collants, verdâtres. Je redeviens comme vous, Roberto... Pardonnez cette exaltation...

 

Ah Roberto, permettez que je vous tende la main, que je vous l’accorde, ne trouveriez-vous pas bienvenue la présence d’une bague à mon doigt?

Une alliance si vous le souhaitez.

Oh, même un bijou de brindille tressée m’irait amplement... et pour fêter nos épousailles (je sens que vous n’allez pas me refuser un mariage, ce n’est pas votre genre) nous prendrons quelques vers ensemble, et l’enchantement s’estompera jusqu’à s’effacer ainsi je serai définitivement débarrassée du charme maléfique qu’on m’a jeté, (oui pour se faire il faut que je vous épouse, vous verrez, vous ne souffrirez pas) et je pourrai reprendre ma forme première et quitter cette apparence humaine, ce corps qui m’emprisonne depuis si longtemps: enfin, la magie rompue, je redeviendrai crapaud et princesse, fille de roi et de reine et vous, vous serez mon sauveur, oui, l’amour fait des miracles... mon prince, et vous ne pourrez que constater comme les pustules me vont bien.

 

 

Roberto, je vous dis: OUI

                                                                         Votre Roberta"

 

 


 

   

Commenter cet article

Déborah 27/06/2009 08:48

Dis moi Mam'selle Vival, tu as décidé de m'impressionner à chaque fois que je te lis ou que je contemple une de tes sublimes oeuvres ?Génial ton histoire... vraiment génial... Une humaine voulant redevenir crapaud..ça renverse la logique habituelle des contes et moi J'ADORE. Beaucoup de talent. Bravo à toi. Au nom des bloggueurs et bloggueuses ayant participé à ce défi, je te remercie d'avoir accepté ma proposition d'utiliser une de tes créations artistiques comme point de départ à mon défi poétique de la semaine. Grosses bises et bonne journée l'Artiste !Déborah

enriqueta 25/06/2009 13:49

Ma participation :http://enriqueta.over-blog.com/article-33082938.html

Déborah 26/06/2009 11:31


Superbe Enriqueta ! Vraiment superbe conte versifié ! Je suis vraiment trés heureuse que mon amie artiste Vival33 ait
accepté ma proposition d'avoir comme point de départ à notre défi poétique de la semaine son oeuvre "La métamorphose de Roberta" car toutes les compositions poétiques que j'ai reçu sont géniales...
vraiment un grand cru poétique cette semaine !
Bisous Enriqueta et merci pour tes passages sur Oiseau lyre qui me font toujours un immense plaisir. Bon week-end.
Déborah


Clo 23/06/2009 19:40

Encore moi Claudie...Je voulais juste préciser que j'ai également publié ce conte sur mon autre blog dédié aux enfants.Bisous.Clo alias Polly Estaires

Déborah 23/06/2009 21:46


Ok Clo merci à toi pour la précision... Je m'en occupe dés demain.
Grosse bises Mam'selle Polly


Clo/Polly 23/06/2009 19:37

Encore moi Claudie...Je voulais juste préciser que j'ai également publié ce conte sur mon autre blog dédié aux enfants.Bisous.Clo alias Polly Estaires

Déborah 23/06/2009 20:45


Ok Clo merci pour la précision.
bisous
Déborah


mirelie 21/06/2009 09:10

Bonjour Déborah, je souhaite te demander un petit renseignement, ce sujet de la métamorphose me tente beaucoup mais pas dans le même sens que vous car je ne vois que des textes parlant de batraciens, est ce que je peux parler d'une toute autre métaphore que cela dans mon texte ?Merci de me répondre et à +BisousMirelie

Déborah 21/06/2009 14:26


Oui comme je te le disais dans le mail que je t'ai envoyé... du moment que ton point de départ est bien l'oeuvre d'art proposée, il n'y a pas de soucis.
Bisous
Déborah