L'ABEILLE ET LA FOURMI
L’abeille et la fourmi
Un jour une abeille qui s’en allait en guerre
Trouva sur son chemin une fourmi esseulée
La pauvre sanglotait de rage et de misère
Que l’armée lui ait pris son tout jeune fiancé
L’abeille aurait pu réconforter la Dame
De ses paroles mielleuses et gorgées de soleil
Après tout elle aussi avait du vague à l’âme
Car son petit dernier était parti la veille
Abeilles et fourmis dans une lutte fratricide
Se battaient sans merci aux portes de l’arène
D’un très joli primevère au nectar acide
Mais fruit de convoitises et théâtre de haines
L’abeille refusa donc tout réconfort moral
A cette hôte ennemie, à dire vrai sa rivale
Et passa son chemin en toute indifférence
Tandis que la fourmi se tordait de démence
Un jour pourtant la belle apprit à ses dépens
Qu’un bon conflit de miel apporte parfois la mort
Et alors que son fils on lui rendit mourant
La pauvrette pleura toutes les larmes de son corps
Elle alla supplier ladite Dame Fourmi
Qui elle aussi priait pour l’amour de sa vie
De vouloir lui prêter quelques mots d’amitié
Elle si seule ce soir là dans sa frêle colonie
La fourmi s’esclaffa d’un rire insolent
Lui rappelant la scène de son fiancé partant
Et l’attitude horrible que l’abeille lui prêta
Alors qu’elle-même alors semblait proche du trépas
« Personne ne connaît à l’avance son destin
Apprenez chère Abeille à mieux tendre la main
A celui qui implore par son cœur ravagé
Quelques mots de tendresse et un peu d’amitié »