MIROIR
MIROIR
Avec une touche de bleu sur la toile humide
J’ai dessiné tes yeux qui déchiraient le noir
Du papier encore vierge de ma pensée hybride
Lumières tournoyantes dans l’ironie du soir
Tes yeux se sont cachés, aveuglés de stupeur
Lorsqu’ils sont apparus de mon coup de pinceau
Et blottis dans le creux d’un cocon de couleurs
Ils sont restés ainsi esseulés mais si beaux …
Puis d’un coup de crayon j’ai dessiné tes traits
Tes lèvres et ton menton, ta chevelure frisée
Et tu t’es enhardie à caresser doucement
Mon âme torturée d’étranges sentiments
Ton corps effilé modelé par mes mains
A jailli par magie d’un soupir au fusain
Et alors qu’une barque naissait dans le tableau
Tu as sauté dedans éclaboussant de l’eau
C’est alors peut-être que je t’ai reconnu
A travers mes pensées d’artiste ingénue
Tu avais mon sourire, tu avais mon regard
Tu avais mon reflet, le même air bizarre…
Tu étais Moi…
